
Alors qu’il va mourir de froid dans son appartement, Kento est sauvé de justesse par son voisin. Un individu étrange, habillé de noir et qui décide de lui faire la cuisine.
La chaleur du metal
Je lis très peu de boy’s love. Être passée par les années 2000 et leurs lots de traumas m’a tenue éloignée du genre. Mais la récente YCON, m’a permis de faire une razzia de titres recommandés par Bulle d’O et Nico du YaoiCast. Alors peut-être qu’il y’a moyen de se réconcilier.
A quoi vous pensez quand on vous dit metal ? A des hordes d’individus en furie qui beuglent sur de la musique saturée de guitares électriques ? A des pogos capables de vous déboiter une épaule ? Bref tout sauf de la douceur et de la gentillesse. Et pourtant, préparez-vous pour un grand moment de tendresse et de sincérité.
Sôchi répond à tous les critères : visage renfrogné en permanence, habillé en noir de la tête aux pieds et un appartement entièrement dédié à l’écoute de cette musique de l’extrême. Aussi, Kento, étudiant fauché ayant récemment failli mourir d’hypothermie dans l’appartement voisin, est très surpris quand il se voit proposer de diner tous les soirs chez le taciturne métalleux.
Cet étrange accord mène les lecteurices sur le chemin d’une romance toute douce, aux personnages attachants. On comprend rapidement que les difficultés à s’exprimer de Sôchi ne sont pas du qu’à la timidité, mais plus à un trouble, peut-être une neuro-atypie. Plutôt que de subir le monde, il a préféré s’en couper, grâce au bruit du metal et à une attitude distante qui cache son envie de se lier à des gens.
Kento de son côté, apprécie la gentillesse de Sôchi, et devine sans le pousser à parler, que son sauveur a vécu des instants difficiles. Il en tombe amoureux mais n’ayant pas avoué son homosexualité, il se retrouve bien embêté quand il faut avouer ses sentiments. Mention spéciale à Machiko, maîtresse es consentement de seulement six ans qui manie le shuriken-origami comme personne pour rendre la justice et donner des conseils amoureux.
Le dessin est très beau et élégant. On sent que l’auteurice a fait ses recherches pour représenter ses décors, et aime dessiner le visage de ses héros, en particulier leur regard. Grâce à son trait léger, on prend toute la mesure de l’ambiance douce et chaleurese qu’elle pose sur son histoire.
J’ai été surprise par l’épaisseur du manga qui fait bien ses 210 pages. L’histoire prend son temps pour développer ses personnages et leurs relations. Autant de générosité, c’est agréable à lire. J’ai aussi aimé que la première fois des garçons soit à la toute fin du livre dans un chapitre à part. Elle est charmante et très émouvante mais si vous n’êtes pas friands de ce genre de scène, vous pouvez vous arrêter avant.
Mon voisin le métalleux, c’est le genre d’histoire qui réchauffe le cœur et dont on a envie de suivre les protagonistes bien après la fin. Un petit moment agréable comme ça, j’en veux plus souvent.
traduit par Angélique Mariet
Hana 2022, One-shot
Type : yaoi
Genre : romance
Public : ado-adulte
C’est très rare que je lise du yaoi mais ce titre me dit bien. Je me le note, merci pour la découverte !