
CW : sang
Alors que les cendres de la guerre civile retombent à peine, un guerrier erre de ville en ville, en quête d’un lieu où mourir. Mais il n’est pas facile pour un chamouraï sans maitre de laisser son passé derrière lui quand tout le monde veut le lui rappeler.
La voie du sabre fluffy
Imaginez les guerres qui ont mis le Japon à feu et à sang pendant des décennies avant l’unification par Nobunaga puis l’ère Meiji… mais avec des chats. Voilà l’histoire inattendue que nous raconte Hiroyuki Takei, l’auteur de Shaman King. Les humains se sont affrontés, et les chats, qui ont été apprivoisés, l’ont fait à leurs côtés. Désormais la paix est revenue et les chats sans maitre, les Errants, parcourent le pays tandis que les Domestiqués vivent dans l’opulence, la débauche et la corruption.
Norachiyo est un errant. Il porte un katana et une clochette, signe qu’il a été domestiqué un jour, et les cicatrices de la guerre sur son visage. Rien qu’à sa dégaine, son parler et sa réputation de Dévoreur d’humain, on comprend qu’il a vécu, et qu’il est fort, et que ceux qui le provoquent pour des broutilles, pour l’honneur ou par ennui, n’en sortiront que les pattes devant. Lui n’a qu’un seul but, trouver le lieu où il souhaite mourir. Mais la faucheuse se fait attendre…
Un scénario classique d’histoire de samouraï – pardon chamouraï – évoluant dans un monde violent et sans pitié, que n’aurait sans doute pas renier le réalisation Akira Kurosawa. On n’a pas trop de mal à deviner où le récit nous emmène, avec ses personnages hauts en couleur et pour beaucoup animés par la vilenie et la folie des grandeurs..
Qui n’est pas capricieux n’est pas un chat
Norachiyo, chamouraï sans maitre
J’ai eu énormément de mal à lire le dessin anguleux de l’artiste. Définir le corps et le visage de Norachiyo, comprendre comment se passaient les combats, a été un calvaire sans doute à cause de ma vue et parce que je suis habituée au trait plus rond de Shaman King.
Pourtant, il y a de bonnes idées. Les dialogues et les punchlines sont au poil, il y a un sens esthétique indéniable qui rappelle définitivement les films de samouraïs et certaines scènes sont à hurler de rire, sans compter le phrasé des chats, pour qui les traductrices Manon Debienne et Sayako Okada ont du bien rigoler.
Même si je n’ai pas adoré, et que je ne pense pas que ce soit le manga de l’année, Nekogahara a des chances de trouver son public parmi les amateurices de combats au sabre épiques et de minous qui sortent les griffes.
traduit par Manon Debienne et Sayako Okada
Pika 2022, série en 5 tomes
Type : seinen
Genre : historique, fantastique
Public : ado, adulte