
CW : marques de maltraitance, abus psychologique
Sorcière recluse dans sa boutique de magie, Marie apprécie peu que l’Eglise lui impose l’éducation d’un jeune adolescent aux terribles dons. Pourtant elle se voit mal le laisser tomber…
Elle et lui
C’est la spooky season ! Quoi de mieux que de regarder les feuilles tomber dehors avec un bon manga narrant de histoires de créatures fantastiques et d’êtres inquiétants ?
Édimbourg, Ecosse, époque contemporaine. Propriétaire d’une petite boutique décrépie de magie, Marie dite « la Sorcière noire d’Albion » vit paisiblement sous la surveillance de l’Eglise. Mais le tempérament indolent et asocial de la jeune femme est mis à l’épreuve quand l’institution lui ordonne d’éduquer un jeune adolescent qu’elle gardait jusque là dans ses geôles.
Et pour cause, Théo est « le Sang de la juste Indignation« , une arme vivante capable d’apporter la désolation sur le monde. Un pouvoir qu’il ne maîtrise absolument pas. Or le monde des sorciers est régi par la magie des esprits avec qui il faut savoir négocier finement pour recourir à leurs pouvoirs. Et non seulement cet échange n’est pas sans conséquences, mais certains esprits sont l’incarnation même du danger, tentant de manipuler l’accord à leur seul avantage.
Théo et Marie sont adorables. Je ne pouvais que m’attacher à ces deux êtres solitaires, reliés par la crainte de leurs capacités respectives. Leur rencontre est l’occasion de mieux connaitre le monde de la sorcellerie à travers une histoire riche, tissée par le christianisme et l’évolution du monde humain en parallèle.
Impossible de nier que Théo ressemblerait à Harry Potter s’il était resté trop longtemps enfermé dans le placard des Dursley plutôt que de rencontrer les Wesley. Il est timide, naïf, et sans aucune notion du monde qui l’a engendré, merci l’Eglise qui l’a maintenu dans l’ignorance.
Marie de son côté est une femme blasée par le monde et les intrigues des prêtres, qui ne veut pas être ennuyée et ne garde pas sa langue dans sa poche. Elle me rappelle beaucoup Yuko de XXX Holic. Se retrouver avec Théo la fait non seulement sortir de sa zone de confort, mais elle soupçonne déjà les problèmes à venir. Maitriser la puissance de son élève est une chose, composer avec les insinuations et les non-dits en est une autre.
Les dessins sont superbes. Comme pour son précédent titre Goodbye I love you, John Tarachibe rend hommage à l’Europe en la dépeignant aussi intemporelle que glamour. Les designs des personnages sont à l’avenant, si les humains sont beaux à tomber, les esprits, une fois qu’ils révèlent leur vraie nature, sont cauchemardesques.
Intrigant et élégant, teinté de mystère et d’humour, la Sorcière du château aux chardons est un manga qui m’a accrochée de bout en bout. J’ai hâte d’avoir la suite entre les mains, cette histoire me plait vraiment beaucoup.
traduit par Olivier Molosse
Akata 2022, 4 tomes
Type : josei
Genre : fantastique, tranche de vie
Public : ado, adulte