
Suite à un malentendu, Ida croit que le garçon assis derrière lui l’aime, alors que c’est de Hashimoto, sa voisine de droite dont Aoki est amoureux. Et ce n’est que le début.
La gomme qui écrivait le chaos
Il arrive souvent aux lecteurices de mangas de râler après les romances lycéennes mais soyons réalistes, où est ce que cette catégorie d’âge pourrait socialiser ? Ce n’est pas comme si ils y passaient les trois-quarts de leur temps hum ? Il faut bien que jeunesse se passe er que nous on puisse se régaler d’expériences délirantes.
Prenons Aoki, par qui tout commence. Cet ado maladroit et volontiers sujet aux élans mélodramatiques a de quoi s’en faire quand il découvre que Hashimoto est déjà en crush sur un garçon, qui ne serait autre que Ida, le gars calme de la classe, qui lui-même croit que Aoki est amoureux de lui et ne sait pas quoi faire de cette info. Le bazar total à cause d’une gomme marquée à son nom par Hashimoto… oh le joli triangle que voilà.
Les choses empirent encore quand Aoki, tentant de dissiper les malentendus ne fait que s’enfoncer, tenant des propos qui dans ce contexte sont plus qu’ambigus… De phrases d’encouragements en tentatives de consolation qui rendraient Shikimori fière, le voilà engagé sur une route à laquelle il ne s’attendait pas. Et si, vraiment, il pouvait tomber amoureux d’un garçon tout comme il est facilement tombé amoureux de Hashimoto ?
Géométrie de l’amour
Ce manga m’a tuée de rire. J’ai une certaine détestation des triangles amoureux parce qu’alors que la probabilité d’avoir deux crushes est quasi nulle dans la vie réelle, pourquoi est-ce une constante dans le manga ? Mais là ça marche parce que les réactions des personnages ne sont pas celles associées au trope de la compétition amoureuse. En fait, l’autrice s’emploie à consciencieusement casser toutes les dynamiques du genre.
Ainsi, les personnages ne sont pas dépourvus de caractère, mais leurs désirs ne se manifestent pas dans une rivalité malsaine ou un besoin de possession exclusive. A l’écoute des uns et des autres – même si les quiproquos faussent parfois leur jugement – ils se montrent au contraire bienveillants et rassurants. Voir que leur ami ou love interest a confiance en la personne qu’elle est semble plus leur importer que d’être aimé en retour. Même s’ils veulent de l’amour. Oh boy des bisous des câlins ils en veulent tous les jours (je n’ai honte de rien, sachez-le).
Ce titre m’a rappelé les vaudevilles dont j’étais friande quand ils passaient à la télé, mêlant incompréhension et comique de situation pour créer une romance qui ne s’arrête jamais d’évoluer et de faire rire. Il y a des moments touchants et plus intimes, mais clairement Wataru Himekure compte sur le caractère gaffeur et maladroit de ses protagonistes pour mener l’action.
Les remarquables dessins de Aruko font le reste. L’illustratrice de Mon Histoire, l’un de mes mangas préférés, revient avec son trait doux et donne au trio des expressions aussi dynamiques qu’apaisantes à regarder. On sent le plaisir qu’elle a à donner corps aux sentiments de ces ados en plein émoi amoureux.
Romance gay en devenir, pétillante et imaginative, Love Mix Up fait souffler un vent frais dans le monde du shojo. L’autrice a une vraie patte pour les situations aussi improbables que touchantes et l’attente entre chaque tome sera longue.

La gomme par qui tout est arrivé…
… est un classique des classiques parmi les fournitures des écoliers japonais, produite par la société Tombow depuis 1969 et disponible dans le monde entier. Si vous êtes attentif.ve, vous la trouverez facilement dans votre prochaine lecture ou visionnage d’une œuvre nipponne contemporaine.
Dessin par Aruko
Traduction par Aline Kukor
Akata 2022
9 tomes
192 p
Type : Shojo
Genre : romance, tranche de vie
A partir de 13 ans