
Quand ils étaient petits, les frères Namba se sont fait la promesse d’aller dans l’espace. 20 ans plus tard, alors que Hibito s’apprête à partir pour la Lune, son grand frère est loin de pouvoir monter dans une fusée. Un peu perdu, Mutta se demande où est son avenir… un coup de pouce va lui rappeler où est sa place.
Fly me to the moon
Courtoisie de la mission Artemis qui relance l’exploration de la Lune des années après les missions Apollo, nous voila à de nouveau regarder vers l’espace. Personnellement, j’aimerai juste tester l’absence de gravité un jour. Les frères Namba eux, voient bien plus loin.

Mutta, l’ainé, a toujours voulu être un modèle admiré par son cadet Hibito. Petits, ils ont vécu la même expérience qui leur a donné l’envie de devenir astronautes. Ils ont longtemps squatté les locaux de la JAXA, l’agence d’exploration aérospatiale japonaise, ou observé la lune au télescope. Mais alors que Hibito excelle en tout et finit par obtenir le sésame pour aller à Houston au siège de la NASA, Mutta est mis à la porte de son entreprise automobile après avoir mis un coup de boule à son supérieur.
A 31 ans, de retour chez papa-maman, sans boulot ni avenir, notre héros est au plus bas. Hibito, quoi que loin de la maison, décide de s’en mêler et avec l’aide de sa mère, l’inscrit pour la sélection des astronautes susceptibles de partir pour les prochaines missions lunaires, voir martiennes. Pour Mutta, la valse des examens commence, avec son lot de difficultés, ses rencontres étonnantes et déjà des jalousies vis à vis de sa célèbre parenté.
Je joue une mélodie discordante, et je suis sur un chemin sans balises au bout duquel se trouve ce qui brille le plus à mes yeux
Mutta Namba, wannabee astronaut
J’ai fini par le lire ce manga de l’espace, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est impressionnant à bien des niveaux. Le ton est très clair : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la conquête spatiale sans jamais oser le demander est dedans, avec un peu d’anticipation puisque nous sommes en 2025 et que l’installation d’une station lunaire habitée est une réalité tangible.
Pour le reste, c’est par le menu que l’on vous explique l’exigeante sélection des astronautes tant sur le plan théorique que pratique. Et on ne nous épargne rien, le danger mortel de ce genre de mission est très vite et frontalement abordé tout comme le sentiment d’agir pour réaliser un rêve important, pour la science et en somme, d’accomplir un exploit qui vous met modestement au dessus du lot.
Un petit pas pour l’homme…
Mais ce qui m’a frappée, c’est combien ce manga s’attache à décrire l’humain dans toutes ses facettes. Derrière le caractère comique de Mutta se cache un complexe d’infériorité et un profond manque de confiance en soi que seule la saine rivalité qu’il entretient avec son cadet parvient à rebooster. Il est notre porte d’entrée dans le monde de l’aérospatiale, un Candide compétent quand on sait le motiver, avec ses forces et ses faiblesses assumées et juste ce qu’il faut d’immaturité pour le garder au niveau des lecteurices.
Et tous les personnages de Space Brothers ont quelque chose qui les rend remarquables, positivement ou négativement. La détermination inébranlable de Hibito couplée à la confiance qu’il porte toujours à son frère, les petites insinuations des candidats à l’examen, la gentillesse excentrique des parents Namba, les jeux de pouvoir, tout est mis en œuvre pour nous faire comprendre que même s’il s’agit d’une aventure au delà de notre quotidien, les relations humaines et les enjeux restent terre à terre et ne se parent pas de magie ou d’insensé. Et ce n’est pas une mauvaise chose.
Autant vous dire que je suis fan. Space Brothers est devenu un incontournable instantané dans ma lecture et je ne le recommanderai jamais assez pour qui veut s’immerger dans le monde des astronautes ou regarde le ciel avec envie en se disant « un jour, ce sera moi ».
Détenteur de nombreux prix au Japan, Space Brothers a naturellement été adapté en anime, et même en film d’animation entre 2012 et 2014. Ils sont disponible sur ADN.
Traduit par Sylvain Chollet
Pika 2008
43 tomes, parution en cours
Type : seinen
Genre : SF, tranche de vie
J’adore ce manga. Que ce soit le contexte spatial, les détails très réels de la difficulté de devenir astronaute, ou les personnages (franchement j’adore que la rivalité entre frères soit ici source de motivation, où l’un tire l’autre vers le haut, ça fait du bien !)