Shikimori n’est pas juste mignonne, Keigo Maki

Une jeune fille aux longs cheveux roses tient la main d'une personne dans sa main droite et la porte à ses lèvres. De la gauche, elle défait le nœud de son uniforme dans un geste déterminé.

Yû Izumi a une petite amie depuis quelques mois déjà, et chaque jour, son amour pour elle grandit. Mais Shikimori cache un autre visage derrière sa beauté.

Le poissard et la badass

En terme de comédie romantique, dès qu’il s’agit d’une parution dans un magazine shonen, c’est… un peu compliqué on va dire. Soit la romance et les personnages féminins sont bien traités, soit on tombe dans le fan service le plus crasseux. Pour une fois, j’ai fait bonne pioche avec cette romance aussi choupie que bienveillante.

Depuis tout petit, Izumi est accablé par une malchance notoire et se blesse souvent. Malgré cette maladresse, il a trouvé le courage de demander à sortir avec Shikimori, l’une des plus jolies filles de son lycée, et celle-ci a accepté avec joie. Depuis ils forment un couple d’adorables amoureux qui apprennent peu à peu à se connaitre, sous l’œil un peu jaloux de leurs camarades.

Shikimori est donc jolie, mais aussi douée en classe et en sport. De plus, elle se fait un devoir de protéger Izumi en toutes circonstances, vu sa malchance. Du journal qui vole à la pancarte qui tombe de plusieurs mètres de haut, elle use de réflexes surhumains pour conserver l’intégrité physique de son petit ami. Et à chaque fois qu’il s’excuse de l’incident, elle le gronde et balance les phrases de dragues les plus badass avec l’expression la plus classe qui soit.

Ca pourrait donc être l’histoire d’un gars qui une fois qu’il a eu la fille, se laisse porter et dorloter, et de la fille qui joue de son côté pick me et de sa possessivité pour garder son amoureux. Sauf que non, Izumi tient à prouver qu’il peut avoir la classe comme sa copine. En partie pour répondre aux attentes sociétales c’est vrai, mais surtout parce qu’il ne veut pas que sa malchance chronique soit un obstacle à son bonheur.

De son côté, le penchant surprotecteur de Shikimori s’accompagne d’un haut esprit de compétition et d’une détestation de la défaite. Mais il est assez simple de la prendre par surprise et de calmer ses envies de rouler sur ses adversaires. Il suffit de la complimenter sur ses bons côtés et c’est dans la poche, elle est toute gênée. Elle est également loyale et franche.

Tout est sur le ton de la comédie, des événements aussi simples que la rentrée des classes ou une sortie à deux sont l’occasion pour l’auteur de dessiner des personnages tout mimi et dynamiques qui se chamaillent gentiment. Mais dès que l’instant de la badassitude arrive, alors on a le droit à de grandes cases voir une page entière dédiée à la pose et au visage le plus détaillé possible, avec une expression clairement lisible et dont vous ne pouvez détourner les yeux.

Mais ce qui me plait le plus c’est que les personnages se parlent. Vraiment. Ils sont jeunes, et ne maitrisent pas tous les codes de l’amour mais malgré des hésitations légitimes, ils se disent sincèrement les choses. On est clairement dans un manga où la franchise a une grande importance et les situations où la relation est mise à l’épreuve ne sont pas non plus excessivement délicates ou alors se règlent en toute bienveillance. Izumi et Shikimori se rassurent ainsi mutuellement sur leurs sentiments et ont des conversations qui disent que leur couple peut durer.

Le casting se renforce grâce à des personnages secondaires tout aussi attachants et attentifs à nos tourtereaux. Grâce à Inuzuka, le meilleur ami d’Izumi, Nekozaki et Hachimitsu (mon perso préféré qui a l’air à l’ouest), les amies de Shikimori, on découvre les qualités et les défauts de chacun. J’apprécie aussi que la classe dans son ensemble, même si elle reste sur des valeurs un peu binaires – la couture et la cuisine sont des traits féminins erk – acceptent Izumi et Shikimori tels qu’ils sont. Et les parents d’Izumi sont trop choux !

Shikimori n’est pas juste mignonne est donc une comédie romantique qui donne le sourire. Les phases badass et comiques apportent un rythme amusant et on ne peut souhaiter que le meilleur du monde aux personnages tant ils sont adorables. Il ne cherche pas à tacler des stéréotypes et pourtant a de bonnes trouvailles sur le sujet, qui donne envie de voir comment cette relation va évoluer. J’apprécie aussi que Meian sortent deux tomes de la série à chaque fois.

Et si vous avez le temps, jetez un œil à l’anime sur Crunchyroll, il vaut également le coup.


Traduction : Marina Sanchez
Correction : Juliette Lemaitre
Lettrage : Lucie Archambault
Relecture : Emmanuelle Ignacchiti
Supervision : Alex Uzan

Meian 2021
20 tomes
Type : Shonen
Genre : romance, comédie

A partir de 12 ans

(2 commentaires)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.