
CW : mention de mort
Visiter le Japon à moto, Yoko en a toujours rêvé. Et avec sa meilleure amie, Airi, c’est désormais chose faite ! De Tokyo à Yokohama en passant par Hakone, les filles découvrent les plus beaux paysages du pays. Même s’ils ont changé.
Girls’ best tour
Je n’aime pas trop penser à la fin. C’est le genre de chose qui m’angoisse. C’est aussi pour ça que je n’aime pas que l’on qualifie certains récits de SF comme étant d’anticipation. Me dire que la fin du monde pourrait ressembler à ce qui est écrit m’empêche de dormir.
Pourtant me voilà avec un manga parlant de l’après. Du postapocalyptique. Ne vous méprenez pas, j’adore la SF mais je la préfère peu anxiogène, merci. Et c’est exactement ce qu’est ce manga : une bouffée d’air frais dans un monde en ruines.

Au guidon d’une Yamaha Serow 225 électrique, Yoko et Airi se sont lancées dans un road trip tout ce qu’il y a de plus normal. Visiter le Japon, découvrir les paysages les plus spectaculaires et suivre les traces de l’Instagram de la sœur de Yoko, qui a déjà fait ce voyage il y a longtemps. Avec une légère différence : le Japon et le monde se sont effondrés.
Qu’est il arrivé ? Une guerre ? Oui sans doute. Le dérèglement climatique ? Très probable… On ne sait pas trop quand on est dans le futur, et les filles évoluent dans une parfaite solitude, à peine perturbée par des tanks abimés et des cyborgs en fin de vie. Le reste du temps, entre recherche de nourriture et d’un itinéraire, le duo s’émerveille de tout ce qu’il voit.
La joie du monde d’après
Malgré la destruction environnante, l’innocence et la joie de vivre qui se dégagent invitent à la contemplation. Les paysages sont détaillés de sorte que même si vous n’avez jamais voyagé au Japon, vous les avez déjà vu quelque part, sur le net ou dans un anime. Beaucoup de bâtiments sont encore debout et on sent tout ce que ce monde promettait s’il ne s’était pas arrêté.
Les personnages sont tout aussi adorables. Yoko, qui conduit, est pleine de vie et ravie de réaliser son rêve, tout en étant attentive à Airi, sa compagne de route, plus calme et mystérieuse. Comme on ne sait pas ce qui est arrivé à ce monde, on ne sait rien de ce qui est arrivé à ces filles pour qu’elles survivent seules. Airi est notamment dotée de capacités étonnantes qui témoignent d’événements qui ont du être difficiles.
Car ce monde, aussi calme et paisible soit-il, reste un monde d’après où le danger plane. On n’est pas aussi en danger que dans un ouvrage de SF classique où la mort rôde à chaque coin de rue, mais les filles doivent se montrer prudentes malgré tout.

De temps en temps, on a le droit à des petites capsules temporelles, soit des flashbacks, soit des témoignages plus récents laissés par l’humanité disparue. Des messages qui racontent sa lutte et son envie de vivre malgré tout. Difficile de ne pas penser aux temps actuels et incertains que nous traversions.
Mais pourtant, tout est étonnamment chill. On sent le soin du détail chez l’auteur, tant pour les panoramas que pour les machines. Pour un peu j’avais l’impression de moi aussi rouler à moto, dans des villes devenues silencieuses et calmes en compagnie des filles et c’était franchement agréable.
C’est avec une joie mêlée de nostalgie douce-amère que l’on sort de la lecture de ce manga. Les promeneuses de l’apocalypse raconte un monde qui n’existe pas et que l’on espère ne pas voir mais qui rend la découverte de paysages grandioses par un duo charmant et soudé vraiment charmante et relaxante. Un sentiment étrange, mais pas désagréable du tout.
Traduit par Marylou Leclerc
Doki Doki 2022
5 tomes
Type : Seinen
Genre : SF, aventure
A partir de 12 ans
Ce manga me tente beaucoup mais je vais attendre que quelques tomes soient sortis, que l’on sache si ça part sur une série longue ou plutôt moyenne 😉
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