
En plein hiver, un chaton abandonné rencontre un homme. Mais sa joie d’être peut-être adopté fond comme neige au soleil. Cet homme est un yakuza. Et il est flippant.
Seconde chance
Peu importe où ils sont, les chats font ce qu’ils font le mieux : envahir l’espace ambiant et être bien trop mignons pour qu’on s’en soucie vraiment. Doki Doki ajoute donc une nouvelle arme de mignonnerie massive, sous la forme d’une rencontre improbable.
L’histoire de Sabu commence comme beaucoup trop d’histoires d’animaux abandonnés : dans un carton, sous la pluie, alors qu’il tremble de froid. Il tente désespérément d’attirer l’attention d’un humain, avec un langage bien peu châtié d’ailleurs… et réussit son coup. Un homme s’arrête et c’est l’horreur. Balafré de partout, tatoué, et une tête de tueur en série, Sabu n’a pas le temps de filer qu’il est emmené.
Il se réveille chez Jin, un yakuza pur jus. Mais retiré des affaires, semble t-il, ce qui ne l’empêche pas de garder l’attitude et es expressions de son ancienne activité quand il s’occupe du chaton. Pas moyen de faire confiance à ce psychopathe, Sabu préfère retourner dans la rue que de subir les sévices qu’il sait que son sauveur a prévu pour lui…
Sauf qu’entre la nourriture délicieuse, la chaleur et la propreté, est ce que Jin est vraiment si méchant ? Même s’il est entouré de ses camarades yakuzas et d’un vétérinaire à la mine inquiétante, il s’avère que le jeune homme sait y faire avec les animaux. La preuve, il est le directeur du Café Fluffy, un bar à chiens et chats que son ancien boss lui a permis d’ouvrir.
Je ne vais pas mentir, je n’attendais rien de ce titre et j’ai été très agréablement surprise. Drôle de rencontre entre Tatsu l’immortel de la Voie du tablier et Haru, la chatte revêche de Colocataires à leur manière, Jin et Sabu se jaugent , s’observent, le premier ne tenant absolument pas à ce que le second s’enfuit. Visiblement, le yakuza n’a pas vraiment conscience d’avoir une tête qui fait peur.
Le dessin met vraiment dans l’ambiance. Entre la tronche balafrée et taillé à la serpe de Jin, son intérieur dépourvu de déco et plongé dans la pénombre, il n’y a rien pour rassurer Sabu et l’inciter au calme, et c’est beaucoup trop drôle quand on a déjà compris qu’il ne serait fait aucun mal au chaton, le décalage est délicieux.

C’est drôle et mignon à la fois de voir de grands gaillards fondre devant des boules de poils et en prendre grand soin. L’arrivée dans le café est aussi l’occasion de nouvelles découvertes intéressantes et de moment à la fois plein d’humour et de douceur.
Je ne peux que saluer la traduction de Julien Pouly, qui rend justice à l’univers de la pègre et dote Sabu d’une voix bien à lui, à la fois émerveillée et affolée. Je crois que les meilleures traductions sont celles que j’arrive à « entendre » dans ma tête, et qui me font beaucoup trop rire au final.
Charmant et décalé, j’ai un vrai coup de coeur pour Chat de Yakuza, parfait pour passer un bon moment en compagnie d’animaux mignons et d’un gars qui pourrait l’être s’il n’était pas si flippant !
Traduit par Julien Pouly
Doki Doki 2022
160 p., 7.50€
Genre : tranche de vie
Tout public
[…] 59 – Chat de yakuza 1 […]