Mon petit ami genderless, Tamekou

Wako Machida et Meguru Soma forment un couple uni et amoureux mais qui déstabilise son entourage. Et pour cause, alors que elle ne cherche pas à soigner son image, lui est sans doute l’homme le plus apprêté de Tokyo.

La vie ordinaire d’un arc en ciel

Genderless, n. ang. : au Japon, désigne une sous-culture de la mode apparue dans le milieu des années 2010. Visant à briser les normes sociales de genre, le genderless se focalise sur une mode non conformiste et androgyne. Cette tendance est dominée par les hommes, appelés genderless men.

(Source et infos complémentaires, English Wikipedia)

Cette définition m’a paru nécessaire car comme pas mal de personnes de mon entourage, j’ai bloqué sur le titre. Pourquoi affirmer que quelqu’un est agenre si c’est pour le genrer ensuite ? Avec du contexte, cela va tout de suite mieux.

En effet, Meguru, à l’affut des modes et star des réseaux sociaux, se genre au masculin. Et surtout, il n’a d’yeux que pour Wako, sa compagne depuis 7 ans. Cette responsable éditoriale est cependant une personne très occupée qui ne prend pas foncièrement soin de son apparence. Ca ne les empêche pas de vivre une relation sous le signe de la tendresse et de la bienveillance.

Mais l’apparence de Meguru, soignée jusqu’au bout des ongles, suscite l’interrogation au mieux ou les pires maladresse de la part d’un entourage curieux. Est-il trans ? A moins que ce soit Wako qui ne soit lesbienne ou trans ? Pourtant, la réponse est sous les yeux du public. Meguru aime ce qui est joli et mignon, et ferait n’importe quoi pour plaire à Wako et la rendre heureuse.

De fait, ils forment un couple hétéro hors des normes sociales admises puisque lui cultive une beauté que certains qualifierait de féminine, tandis qu’elle ne s’intéresse pas vraiment aux codes de la féminité, n’utilisant maquillage et beaux vêtements que lors de certains événements précis à son travail. Elle qui admire la beauté depuis longtemps estime que ce qui est beau à regarder apaise le monde. C’est d’ailleurs elle qui a poussé Meguru à affirmer ses goûts face à ses harceleurs au lycée.

C’est ce genre de choses que j’aimerai faire comme métier plus tard, faire connaître au monde les choses que je trouve belles.

Wako Machida, lycéenne inspirée

C’est un manga adorable, mignon et si positif. Meguru et Wako n’agissent pas comme s’ils défiaient les normes. Ils agissent en couple normal, avec ses moments de bonne humeur, ses petits doutes et ses crises. Il est agréable de voir des adultes qui se connaissent aussi bien l’un l’autre. Si leur couple est amener à évoluer, ce ne sera que pour le meilleur.

Évidemment, on ne peut pas passer à côté du dessin de Tamekou, à la fin doux et fourmillant de détails. Son attachement à représenter des tendances parfois pointues et avant-gardistes de la mode est admirable.

Mon petit ami genderless est définitivement un manga qui fait du bien au moral et qui se savoure. Qui sait, un jour les hommes oseront enfin sortir des looks plus créatifs qu’un costard cravate. En tout cas pour moi c’est un gros coup de cœur.


Traduit par Blanche Delaporte
Akata 2022, série en 5 tomes
Type : josei
Genre : romance, tranche de vie
Public : ados-adulte

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