
Un peu contrainte et forcée, Kaede commence un jeu vidéo, New World Online. Décidée à ne pas avoir mal durant sa partie, elle opte pour la défense. Le résultat va vous étonner.
Le plus adorable des tanks ultimes
Avec un titre aussi long, on pourrait s’attendre à un isekai comme seul le Japon sait en produire des kilomètres-linéaires depuis des années. Sauf que non, si Bofuri est bien un light novel au départ, c’est surtout une comédie autour du jeu vidéo, et c’est pour ça que ça prend bien mieux – chez moi en tout cas – qu’un voyage au pays des réincarnations.
Kaede Honjo est du genre influençable. Sur recommandation (forcée) de sa meilleure amie, la voila parée pour jouer à New World Online, un MMO en réalité virtuelle très tendance. Elle opte pour mettre tous ses points de stats en défense, en partie parce qu’elle ne veut pas avoir mal, mais aussi parce que Sari n’est pas là pour la guider dans sa création de personnage. Renommée Maple, notre héroïne se retrouve un peu en galère avec ses stats étranges et son choix de jouer un tank doté d’un bouclier.
Mais c’est là qu’est la beauté du jeu. NWO est très versatile et généreux quand aux façons de l’appréhender (pensez Dark Souls), bourré d’options et de compétences à acquérir pour jouer à sa manière. Maple va rapidement s’adapter et trouver le moyen de faire de ses stats déséquilibrées un avantage qui la fera remarquer par d’autres joueurs, curieux de ce personnage tout lent qui dort au milieu des bois pour améliorer ses capacités.
J’étais déjà fan de l’anime et je suis ravie que le manga arrive chez nous. Bofuri est une histoire drôle et légère d’une fille qui n’y connait pas grand chose en jeu vidéo et y va a l’instinct sans que personne ne vienne lui dire quoi faire ou lui reprocher ses choix. Une approche rafraichissante quand on sait la facilité IRL qu’à le milieu du jeu vidéo à abuser du sexisme et des avis non sollicités. #nobackseat.
Ici, tout le monde est très bienveillant et offre de donner un coup de main sans arrière pensée. Kaede/Maple s’est même constitué un fan club sans le savoir. En effet, régulièrement, le chat du jeu prend part au récit, se demandant qui est cette fille et la soutenant une fois qu’ils ont compris sa façon de jouer, tout en frissonnant à l’idée de la rencontrer tant elle est forte, voir totalement cheatée.
J’ai déjà noté des différences avec l’anime qui introduisait des personnages et des éléments qui n’interviendront pas, ou bien plus tard dans le manga, ce qui apporte une lecture différente et plaisante, d’autant que le dessin est dynamique très joli à regarder. Les dialogues fonctionnent bien et sont tout aussi drôles.
Un truc auquel je ne fais jamais attention d’habitude et qui m’a frappé, c’est l’épaisseur du papier, c’est marrant comme détail de fabrication et très agréable au toucher pour un manga poche. La couverture avec le bouclier brillant me plait aussi beaucoup.
Bofuri est une parfaite lecture détente, ne prétendant à rien d’autre que de faire rire et de passer un bon moment dans un monde foisonnant d’idées et de surprises où jouer et devenir fort se fait sans la pression des trolls et autres gatekeepers. Je me suis beaucoup amusée.
OK ?
Evidemment, tout le monde aura reconnu dans le titre cette séquence un poil gênante survenue dans l’émission C’est mon choix où Meryem Croft, expliquant sa phobie des cafards, balance cette phrase devenue iconique à Evelyne Thomas. Cet article de Slate raconte la naissance du meme qui a suivi.
Dessin : Jirô Omoto
Chara design : KOIN
Traduction : Aline Kukor
Adapation : Hinoko
Maquette : Cerise Heurteur
Correction : Thomas Lameth
Mana Books 2022
Adapté du light novel Itai no wa Iya Nano de Bôgyoryoku ni Kyokufuri Shitai to Omoimasu
7 tomes en cours
Type : Shonen
Genre : aventure, fantastique
Tout public