Magilumiere Co. Ltd, Sekka Iwata, Yû Aoki

La couverture représente une jeune femme portant des couettes brunes et un tailleur noir et tenant un bloc notes, derrière elle se tient une jeune femme blonde au sourire narquois, portant une tenue de magical girl et un balai blanc. Derrière elles, trois hommes approchent, l'un d'entre eux portent une robe rose.

Lors d’un entretien d’embauche, Kana Sakuragi est attaquée par un monstre, puis recrutée par la magical-girl qui l’a sauvée. Elle intègre Magilumiere, une petite entreprise spécialisée dans les exterminations et le développement d’armes magiques.

Magic Startup

Lentement mais sûrement, le monde des magical girls a évolué. Des petites filles de primaire en solo comme Creamy, on est passé aux équipes de Sailor Moon ou PreCure et l’inévitable découverte du côté sombre de la magie des Puella Magi Madoka Magica. Quelle est l’étape suivante ? Le capitalisme bien sûr !

Dans ce monde, les magical girls sont des humaines normales employées par des entreprises pour exterminer les Kai, des monstres d’origine inconnue et servir d’agents promotionnels. Kana ne s’attendait pas à en voir une en action lors de son 16e entretien d’embauche ni à être recrutée par celle-ci sur le champ ! Il faut dire que l’impulsive Hitomi Koshigaya a remarqué les capacités de Kana pour l’assimilation rapide et la mémorisation de données complexes. Parfait pour maîtriser les sorts d’extermination.

Candidater pour une petite structure ne serait jamais venu à l’esprit de Kana, elle qui chassait un poste dans une grande entreprise par mimétisme social, et elle ne sera pas la seule à tiquer devant la taille minuscule de Magilumiere. Outre des locaux anciens et des personnalités atypiques (le président est fan de cross-dressing), la start-up a la force de la créativité pour elle, développant des sorts et armes magiques en tout genre pour exterminer les Kai de façon aussi originale qu’adaptée à n’importe quelle situation.

Un homme d'environs trente ans, les yeux cernés, cheveux longs retenus par un énorme ruban, porte une longue à froufrous et des chaussures à talons
En couleur, la robe est rose. As it should.

Je suis assez fascinée par la mise en place du lore de ce manga. L’auteur est parvenu à me vendre le quotidien d’une PME en recherche et développement, avec sa vie en interne, ses soucis de visibilité, son adaptation à la concurrence des multinationales. Même une réunion de gros pontes du milieu magique est intrigante grâce aux indices savamment distillés sur le passé du monde, l’apparition des Kai et les liens entre les personnages, plus complexes qu’il n’y parait.

Magilumiere est un peu l’entreprise idéale, qui veille sur le bien être de ses employées tout en exploitant à fond leurs capacités. Hitomi et Kana se complètent et reconnaissent la valeur de l’autre, agissant en bonne entente avec le reste de l’équipe. C’est une image romantique de la start-up quand on connait le cynisme et la réalité de ces entreprises, mais la sincérité du Président est telle que l’on veut y croire, d’autant qu’on sent qu’il a un passif lourd avec le Elon Musk local et sa vision bassement pécuniaire de la chasse au Kai (je veux tellement taper ce type).

Du côté du dessin, même si tout n’est pas parfait, le mangaka s’est attaché à tout rendre crédible aux yeux des lecteurices, que ce soit les transformations et les tenues des magical girls – formules incantatoires inclues – où les entreprises où chacune évolue. Il y a un petit côté SF bien entendu, mais dans l’ensemble, on pourrait se croire dans notre monde. J’ai un petit faible pour les balais qu’elles utilisent

Magilumiere Co. Ltd est une vision à taille humaine, avec juste ce qu’il faut de paillettes et de réalisme, de la vie d’une startup à l’ère de la magie. Le capitalisme et les jeux de pouvoirs ne sont jamais loin, mais on ne perd pas de vue qui fait le travail, qui a gardé ses idéaux intacts et souhaite voir le monde amélioré et qui cherche le profit à tout prix. Reste à savoir si ces deux visions sont amenées à se confronter fer plus brutalement ou à s’entendre. J’ai hâte de lire la suite !


Le manga va sortir en France chez Kana, et une adaptation en anime est prévue pour l’été 2024.


Shueisha Shonen Jump 2021
Disponible en digital sur Manga+ (anglais)
Type : Shonen
Genre : SF, fantastique, action

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