
TW : Suicide. Harcèlement scolaire. PTSD. Sang. Violences conjugales. Abus psychologique. Mort (notamment d’un animal).
Fraîchement débarqué sur Terre, un alien est secouru par Shizuka, une petite fille en primaire. Décidé à se montrer reconnaissant, Takopi va tenter de lui rendre le sourire avec les gadgets venus de sa planète.
Le jour sanglant de la marmotte
Aussi cool et intéressante que soit l’arrivée de la plateforme Manga Plus de la Shueisha en France, je lui préfère sa version anglaise, bien plus fournie et diversifiée dans ses propositions qui montre que le Shonen Jump n’est pas uniquement axé sur la bagarre et les gros seins. Et la diversité c’est le bien… même si elle doit te retourner l’esprit et te mettre dans un bad trip psychologique pour des heures.
Venu tout droit de la planète Happy, un alien à forme de poulpe absolument adorable est nourri par une petite fille, qui le baptise Takopi. Reconnaissant, il veut la remercier et remarque qu’elle sourit peu et que ses propositions et ses joyeux gadgets ne provoquent au mieux qu’une réponse froidement polie. Pour une créature baignant dans le bonheur, c’est à la limite de l’incompréhensible.
Il faut dire que Shizuka Kuze, 10 ans, n’a pas une vie facile. Elle présente tous les signes du harcèlement scolaire, et pour cause, Marina s’en prend constamment à elle de la façon la plus détestable qui soit. Elle n’a que peu de choses auxquelles se raccrocher, parmi lesquelles Chappy, son chien. Un événement tragique va précipiter la résolution de Takopi à la voir sourire.
Et c’est le début des ennuis.
Je suis sous le choc. Le titre et la bannière de présentation ne laissaient pas trop de mystère quand à l’aspect dramatique du manga mais holly shit je ne m’attendais pas à cette descente aux enfers. Ça va vite, très vite et loin très loin, enchaînant les retournements de situation avec une cohérence teintée de fantastique qui donne le tournis. C’est presque « trop » parfois. Et c’est ce qui rend le titre difficile à lâcher malgré des sujets durs (LISEZ LES TRIGGER WARNINGS !).
Car aussi inexcusable soit-il, le harcèlement subi par Shizuka n’est pas gratuit. Takopi va le découvrir parfois à ses dépends, et son regard naïf, sa quête de bonheur en total décalage avec le drame qui se joue, va devenir le terreau d’une tension allant grandissante. Qu’il agisse ou non, ses motivations ont des conséquences immédiates, améliorant ou aggravant la situation de l’entourage de sa bienfaitrice.

Peu à peu, le voile se lève sur la vie de Shizuka, mais aussi Marina et Azuna, entraînés avec elle dans cette spirale. Par la manipulation de son lectorat, l’auteur dénonce les mœurs japonaises, les non-dits, l’égoïsme des adultes qui rejaillit sur les enfants. L’usage intelligent du flash-back crée une tension soutenue, tout comme le dessin des visages d’enfants innocents et souvent couverts de sang. Ici, l’espoir n’est pas vraiment de la partie.
Takopi’s original sin n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains. Thriller psychologique perturbant par sa mise en scène précise et les rapports qu’entretiennent des enfants les uns avec les autres ainsi qu’avec leurs parents présents ou non, il interroge les conséquences du trauma et la capacité d’aider de chacun. Et alors que la parution approche de la fin sur la plate forme, la question la plus importante n’a pas été adressée : qui est vraiment Takopi ?
Disponible sur Manga Plus english
Type : shonen>
Genre : thriller, fantastique
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