
Mash Burnedead n’a que deux obsessions dans la vie : la muscu et les choux à la crème. Le jour où un flic découvre qu’il n’a pas de magie, sa vie au fond des bois prend un tournant critique : soit il meurt à cause de sa différence, soit il intègre Easton, la plus prestigieuse des académies de magie pour renverser le système en place.
Le musclé à l’école des sorciers
En ce moment, un débat fait rage dans la communauté des auteurices : peut-on être original ? Peut-on encore écrire une histoire sans tomber dans les clichés ? Le manga shonen a d’ores et déjà apporté la réponse : non. La recette est la même depuis des temps immémoriaux et puisque ça fonctionne, il n’y a pas de raison de changer, simplement de se montrer malin, subtil ou audacieux dans sa façon de traiter le sujet.
Mashle ne fait pas exception en piochant tranquillement dans ce qui fait un shonen et la pop culture récente. Un héros un peu simplet, une école pleine de sorciers qui squattent presque tous chez Serpentard, des amis, un objectif difficilement atteignable sans la force de la volonté et beaucoup, beaucoup de bagarre. Concrètement, un truc classique.
Alors qu’est ce qui fait marcher ce titre ? La réponse est aussi évidente que déroutante : le handicap de Mash et sa façon de le contourner pour atteindre son but. Mash est dépourvu de magie, dans son monde où elle fait loi et où les forts – donc les plus puissants mages – règnent en méprisant les plus faibles, les gens comme lui sont éliminés.
Une situation que son père adoptif a voulu éviter et qui conduit notre héros, suite à un concours de circonstances (ACAB) à intégrer l’académie de magie Easton, école d’élite pour mages en devenir, avec tout ce que ça implique de danger s’il est découvert et de cassage de gueule de Drago Malefoy fils à papa arrogants. Son objectif ? Devenir l’Elu Divin, seul personne en position de reverser le système en place. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas gagné,
L’auteur va user de tous les ressorts comiques que l’humour met à sa disposition pour que Mash surprenne son entourage. Sa force acquise à coup de longues sessions de musculation est tout bonnement surhumaine et il peut compter sur elle pour le sortir de presque n’importe quelle situation de manière inattendue. Et c’est tout ce qu’il a pour lui… Vivre dans les bois avec son père ne l’a pas vraiment aidé niveau intellect. Il se montre très ingénieux pour contrebalancer son manque de magie, mais le reste du temps, je ne sais pas s’il est génial ou simplement con, d’autant que son design inexpressif n’aide pas du tout à le cerner.
Et bon sang ça marche ! Le contraste entre cette académie ultra compétitive et ce héros qui à toujours l’air de s’en foutre tant qu’on ne le laisse tranquille, veille sur ses amis et se gave de choux à la crème est juste drôle. Je ne garantie pas que l’humour fonctionnera sur tout le monde, c’est une notion très personnelle, mais personnellement j’ai apprécié.
Je suis aussi fan du dessin, qui tient ses promesses quant à la force du héros. Quand Mash frappe on sent les coups, la puissance brute qu’il déploie, d’autant qu’il est grand de partout, haute stature, grandes mains, gros poings. Ses adversaires ne sont pas en reste d’ailleurs. Ca donne aussi des décors détaillés dès qu’ils sont fracassés en mille morceaux.
Mashle est un shonen sans prise de tête, où balancer des tatanes pour secouer un système oppressif c’est juste très cool. Ce n’est pas le manga le plus original de l’année, mais j’ai bien ri et c’est ce qui compte.
traduit par Jean-Benoit Sylverstre
Kaze, 2021
18 tomes
Type : shonen
Genre : action
L’instant nostalgie de Tata Albine
Au delà de l’aspect David contre Goliath, la situation de Mash m’a rappelé un anime que je regardais plus jeune. Une situation en particulier. Le genre de trope dont je suis friande.
Dans l’anime Zero no Tsukaima (JC Staff, 4 saisons, 2006-2012), Saito débarque dans une école de magie, discipline uniquement pratiquée par les nobles. L’un des cours dispensé est le maniement des armes, or nos jeunes mages rechignent à suivre puisque leur baguette pourvoit à tous leurs besoins. La maîtresse d’armes, une paladin exigeante du nom de Agnès, désarme Montmorency, la plus réticente à l’entrainement et lui fait une clé de bras, démontrant qu’elle peut la tuer avant qu’elle n’est pu lancer le moindre sort.

Evidemment, c’est la traditionnelle opposition armure contre tissu de tout bon RPG qui se joue, mais aussi l’idée que ne pas avoir de plan B, même imparfait par rapport au plan A n’est pas une bonne idée. Et c’est souvent la faiblesse des élites qui ne semblent s’appuyer que sur le point le plus fort pour diriger, paniquant dès qu’un imprévu apparaît et les oblige à réfléchir autrement. Et oh boy, j’adore ça.
Défonce-les Mash !
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