
Manga de Naoya Matsumoto
Traduit par Sylvain Chollet
Kaze 2021
5 tomes, en cours
192 p., 6.99€
Genre : fantastique, action

Petit, Kafka a fait le vœu d’entrer dans les forces de défenses de l’armée japonaise pour combattre les Kaijus, de gigantesques monstres qui ravagent le pays. Devenu adulte, il a perdu ses illusions et travaille pour une société qui nettoie les dégâts provoqués par les attaques. Un jour, un monstre s’introduit dans son corps.
La foire aux monstres
Quand Kaiju n°8 – Kaiju 8 pour les intimes – a été annoncé par Kaze, j’étais partagée. On m’avait déjà survendu le titre, je n’avais pas de raison de le refuser à la bibliothèque, il fallait juste que je comprenne à qui cela s’adressait, donc à quel niveau de violence on se situe dans un monde où des humains mettent des patates de forain à des Godzillas en vadrouille. Mais le coup de la bannière géante sur le toit de la Bibliothèque nationale de France, aussi génial soit-il pour l’image générale du manga, a douché ma hype. Il fallait que je laisse passer un peu de temps pour bien l’apprécier.
J’ai bien fait. Ce manga est une vraie bonne surprise dans le monde du shonen.
De créatures mythiques ou cinématographiques, les Kaijus sont devenus bien réels et ravagent le Japon depuis des années. L’unité 3 des forces de défense les combat avec une efficacité quasi infaillible… et Kafka Hibino, 31 ans n’en fait pas partie. Lui il se tape le sale boulot au sein de la société de nettoyage qui l’emploie, le dépeçage des monstres et l’assainissement des sites attaqués. Un job ingrat qu’il fait parce qu’il a renoncé à intégré les forces spéciales.
Trois raisons vont le pousser à reconsidérer son rêve de gosse. La première, c’est Reno Ichikawa, un bleu de 18 ans qui veut entrer dans les forces de défense et le prend de haut, la seconde est que la limite d’âge pour tenter l’examen d’entrée est fixée à 32 ans révolus… quand à la troisième… le fait qu’un Kaiju s’installe sans permission dans son corps et lui permette de se transformer en monstre surpuissant et conscient de ses actes.
Tout fonctionne pour que les lecteurices, qu’iels soient jeunes ou aguerri.es, s’attachent à ce manga. Kafka est un adulte, compétent mais blasé de ne pas avoir mené sa vie là où il le souhaitait malgré ses efforts, ce qui change des protagonistes (pré)ados fonceurs qui dominent le shonen. Passées les premières frictions, lui et Reno fonctionnent comme un duo comique, répondant aux gags de l’autre ou n’hésitant pas à le pourrir, dynamisant la relation sempai/kôhai.
De fait, c’est l’ensemble du casting qui est généreux tant dans ses expressions que ses motivations. Après un tome seulement, on en sait déjà beaucoup sur les principaux personnages et on souhaite soutenir la plupart d’entre eux. J’ai énormément d’affection pour Mina, la commandate de la 3e unité, très sérieuse et charismatique.
On sent aussi que quelque chose se trame. Du moins, quelque chose de plus anormal qu’une invasion de monstres géants. Savoir pourquoi les Kaijus se montrent, c’est comme tirer sur une ficelle sale, ce qu’il y a au bout risque d’être déplaisant. Le prénom du héros, Kafka, peut lui aussi laisser entendre que des interrogation sur la nature humaine et des kaijus sont à prévoir.
Tour cela est servi par un dessin très vif, expressif et ô joie LISIBLE ! Bon sang je déteste quand il y a tellement de lignes de mouvements que toutes l’action se perd dedans… Ici, l’image fait la part belle aux gros ministres à taper et met l’emphase sur les mandales et les coups de feu, et c’est jouissif à regarder..
J’adore Kaiju n°8. Vraiment. Je suis heureuse de voir le shonen se renouveler pour le mieux tout en atteignant une cible plus large. Jai passé un super moment et j’ai hâte de lire la suite maintenant.
[…] Kaiju n°8 1 […]
[…] Kaiju 8, me voilà donc en face d’une nouvelle pépite du Jump. D’ailleurs les deux titres ont des […]