Interspecies Reviewers

Au premier plan, une elfe souriante et rougissante, vétue d'une tenue rose qui laisse peu de place à l'imagination et dotée d'une forte poitrine. Elle se tient dans la rue alors que trois indivudus, un homme, un elfe et un-e ange s'approchent, abordés par une fille chatte au pelage bleu et une fée

manga de Amahara

dessins : masha
traduction : Kévin Stocker

Ototo (seinen) 2021
4 tomes en cours
132 p. 7.99€
Public adulte

Anime disponible sur Wakanim

Dans un monde où cohabitent humains et créatures fantastiques, des maisons closes ont éclos à travers tout le continent permettant de laisser libre cours à ses fantasmes.

TripSexvisor

La première fois que j’ai entendu parler d’Interspecies Reviewers, c’est un matin de décembre 2019 à l’annonce de l’adaptation du manga en anime. J’étais dans cette phase de mon féminisme où l’hypersexualisation des personnages féminins dans les productions japonaises me sortait par les yeux, et l’affiche ne laissait aucun doute sur le contenu et la cible recherchée. Je ne voulais rien en savoir.

Un elfe et un humain sont entourés de joles filles montres, on remarque aussi un ange en haut à droite de l'image
Je veux dire… voila quoi…

Puis, alors que l’anime vivait tranquillement sa vie sur Wakanim en France (dans sa version censurée), de l’autre côté de l’Atlantique, les choses sont parties en sucette. FUNimation, le service de streaming qui l’a acquis le déprogramme dès l’épisode 3, estimant que il va « trop loin » dans la sexualisation. Une excuse que les fans américains n’acceptent pas puisque le manga est disponible depuis 2017 au Japon et que le trailer ne prenait personne par surprise. Résultat : des pétitions, des articles taxant la plate-forme d’amateurisme et une note absurdement augmentée sur My Anime List, le site de référencement des anime (équivalent d’un Goodreads ou Babelio pour les livres).

En parallèle, plusieurs Youtubers ont regardé l’anime en entier et l’ont jugé bien meilleur que ce qui transparaissait de la polémique. Et vu que j’ai passé la moitié de l’année 2020 enfermée chez moi… j’avais du temps à tuer.

J’ai donc suivi Stunk et Zel, un humain et un elfe; aventuriers de leur état, alors qu’ils se chamaillent sur leurs gouts en matière de succubes – c’est comme ça qu’on appelle les travailleuses du sexe de ce monde. Emportés dans leur dispute, ils écrivent une critique des établissements que leurs favorites fréquentent et l’affiche sur le tableau des annonces de la taverne. L’initiative plait aux autres clients et incitent le duo à poursuivre, entrainant Curim, un ange qu’ils ont sauvé d’une attaque, dans leurs virées au quartier de plaisir.

Au programme : se payer un maximum de bon temps avec des filles venues de tous les horizons. Elfes, filles-chattes, slimes, hyènes, tout ce que le folklore fantastique et même plus peu offrir à l’imagination de pervers notoires n’attend qu’un signe pour les entrainer dans une chambre contre quelques pièces d’or.

Je ressors de ma lecture avec le sourire et en ayant passé un bon moment. Ce monde de fantasy ne connait pas la xénophobie ou le racisme, toutes les créatures douées d’intelligence s’entendent, peu importe leur ethnies, et le sexe s’y exerce sans contraintes pour les filles qui travaillent dans les maisons closes de leur plein gré et en y assouvissant autant les désirs des clients que les leurs. Les clients peuvent savoir ce qui leur plait ou non en matière de partie de jambes en l’air, expérimenter, sans jugement et dans le respect de sa ou ses partenaires.

Vous pourriez vous dire que noter des filles, c’est moyen. C’est comme ça qu’a commencé Facebook après tout… mais justement, notre groupe d’aventuriers du lupanar prend soin de ne pas critique l’individu mais la prestation et les services, ce qu’ils ont aimé ou non, sans jamais s’en prendre à la fille qui aura partagé leur lit, même si la critique est vraiment négative. Vu qu’ils sont plusieurs à donner leur avis sur un même établissement, cela donne aux futurs visiteurs un point de vue global qui ne sera pas une prescription péremptoire et les laissera libre d’essayer.

Et des filles, ils vont en croiser beaucoup, des jeunes, des vieilles, des minces, des grosses. Une diversité de corps et de caractères qui fait vraiment plaisir à voir, même si beaucoup ont en commun une poitrine très – TRES – généreuse voir défiant les lois fondamentales de la physique. Au moins elles s’amusent !

Avec elle, pas besoin de lub, ça glisse comme chez Alice

Interspecies Reviewers tome 1

Ce qui amène au premier point négatif de ma lecture. Tout est pour le moment très homme cis-hétéro centré. Stunk et Zel sont identifiés comme des hommes aimants les femmes et il en est ainsi pour tous les personnages secondaires qui les accompagnent, même si on voit aussi des femmes aventurières dans le fond. Curim étant un ange, iel est non-binaire et doté d’un vagin et d’un pénis et lae seul-e à montrer de l’intérêt pour les deux sexes (quand iel ne s’offusque pas de l’attitude dépravée de ses camarades). De là à penser que les mangakas n’imaginent pas une femme prendre l’initiative d’aller aux putes, je ne serai pas si surprise.

Un chapitre en particulier me laisse une impression de malaise donc je vais mettre un CW : homophobie/transphobie. Lors d’une soirée où ils changent de sexe, Stunk et Zel se refusent à pousser l’expérience dans un corps de femme très loin, habités par des préjugés sur la place de « receveur » dans cette situation, et s’offusquent même que des femmes aient recours à ce genre de service dans la peau d’un homme donc. Ca aurait pu être éviter si les auteurs étaient sortis de leur zone de confort.

Mais à part cela, ce manga est surtout une comédie coquine, même pas porno parce qu’on ne voit absolument rien de l’action, qui est laissée à l’imagination des lecteurices qui liront les critiques. Les chapitres sont plutôt courts et les blagues salaces et imageries suggestives sont légion et un petit régal pour les yeux. J’ai énormément ri, ce qui me permet de souligner le beau travail de traduction de Kévin Stocker qui a également officié sur l’anime. Son adaptation et ses références fonctionnent totalement sur moi.

Interspecies Reviewers est un titre fait pour la détente et l’optimisme. On rigole, on admire des fessiers rebondis et des poitrines pulpeuses de jolies filles, et c’est le pied. J’ai un petit faible pour les filles monstres en tous genre et ce titre là m’en aura montré plus que je ne l’aurai imaginé. Alors oui, il y a de l’hypersexualisation, mais ça ne m’empêche pas d’apprécier ce titre. Tout le monde ressort de ces entrevues intimes contents et satisfaits la plupart du temps, et c’est bien le principal.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.