Emi Magique

Une jeune adolescente portant un justaucorps sans manches blanc orné d'une petite cravate noir, de longs gants noirs, un ruban jaune dans ses courts cheveux verts, tient dans sa main un drap jaune transparent. Elle regarde vers le lecteur

manga de Kyoko Arai

Traduction : Marina Bonzi

Adapté de l’anime de Studio Perrot
Couverture : Akemi Takada
Première parution : 1985
Black Box
3 tomes, 192 pages, 13.99€
Genre : shojo, magical girl

Petite fille énergique, Mai Kazuki apprend avec joie l’arrivée de ses grand-parents qui dirigent une troupe de magie. Elle fait la connaissance de Shô, un lycéen pour qui elle a le coup de foudre, et de Topo, un écureuil volant détenteur d’étranges pouvoirs.

Tourne, tourne la destinée

Emi Magique fait partie des cinq grandes magical girls créées par le studio Pierrot dans les années 80, avec le succès que l’ont sait, tant au Japon qu’en France. Elles obéissaient à quelques règles simples et parfois surprenantes, de conserver son identité altérée et ses pouvoirs magiques secrets, à avoir ses deux parents tenant une boutique. Et surtout, toutes les filles étaient à l’école primaire et le public ciblé était principalement féminin.

Alors que l’anime s’intéresse à la charismatique magicienne, le manga se penche sur la vie et les amours de Mai au quotidien, la montrant sous un jour un peu différent. On la savait vive, impatiente et distraite, on la découvre un poil violente, dotée d’un caractère affirmé et entier. Ici pas de bracelet ou de baguette magique, c’est Topo (Moko) qui transforme directement Mai en Emi. Si l’adolescente est moins présente que dans l’anime, ses apparitions sont plus marquantes pour son entourage, à commencer par Shö (Ronnie), tombé amoureux d’elle au premier regard.

De fait, un triangle amoureux se crée, Mai découvrant qu\’Emi est sa « meilleure ennemie » car en tant que quasi adulte, elle a des interactions avec Shô ou d’autres personnages qu’elle ne peut pas espérer avoir en tant qu’enfant, ce qui attise sa jalousie et lui fait délaisser l’apprentissage de la magie qui est pourtant son rêve.

Cette plongée dans la vie de Mai fait forcément disparaitre des personnages comme Mr Koganei (Mr Bartolomew) l’impresario d’Emi et l’ensemble des assistants de la troupe des Magikallts, mais d’autres apparaissent, comme Nagisa, la rivale de Mai pour le coeur de Shô.

Et parlant de relation garçon-fille… autant je n’ai pas de réel problème avec l’écart d’âge entre Mai et Shô (environs 6-7 ans) car elle ne sera pas la première à avoir un crush sur un garçon plus âgé et il la traite clairement plus comme une petite sœur que comme une potentielle partenaire, autant les remarques sur l’apparence physique d’une préado, c’est un peu moyen… on sent clairement les années 80 et la pression de paraitre féminine aux yeux des garçons avec des activités comme la cuisine ou le tricot. La nostalgie m’a un peu piquée pendant la lecture.

Le titre est destiné à un public jeunesse, le dessin est peut-être daté mais fonctionne encore bien, la narration est parfois erratique et donne l’impression de ne pas creuser suffisamment ses personnages, mais là, c’est plus l’adulte qui parle. La lecture a malgré tout pris sur moi, surtout avec les superbes couvertures tirées des illustrations pastel d\’Akemi Takada et parce que j’ai su garder le contexte en tête. 

La belle édition de Black Box rend justice à Emi mais en même temps je suis partagée car elle n’est pas donnée pour un manga destiné initialement aux enfants. C’est un titre qui parlera plus aux vieux de la vieille qui ont connu La 5 et le Club Dorothée ou qui cherchent à appréhender le patrimoine de l’animation japonaise.

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