Shangri-la Frontier, Katarina, Ryosuke Fuji

Un homme torse nu et porte un masque d'oiseau à plumage bleu et large bec tient deux coutelas croisés devant lui

Dans un monde empli de jeux merdiques, Rakuro Hizutome décide de se frotter à la crème de la crème. Il n’est pas au bout de ses surprises.

Light souls

Quand le manga est sorti il y a maintenant trois ans, j’ai zappé sans regret. Il regroupait en apparence tous les éléments sur lesquels je saturais à l’époque. Un gars transporté dans un autre monde de jeu vidéo médiéval fantastique pour y taper du monstre et se frotter à plus fort que soi. Rien d’original, et Sword Art Online, que je n’aime pas, l’avait déjà fait, merci.

J’avais tort.

Déjà Shangri-la FrontierShanfro pour les intimes – n’est pas un isekai. Comme pour SAO, nous sommes dans un Japon technologiquement avancé en terme de divertissement, où la réalité virtuelle l’a emportée sur les consoles de salon et où les jeux merdiques inadaptés à ce nouveau marché sont légion.

Ensuite, personne n’a à sauver qui que ce soit. On est là pour le fun, rien que le fun. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’enjeu, mais rien d’aussi perché qu’un maitre de jeu mégalo piégeant 10.000 joueurs sur un serveur pendant deux ans.

Rakuro Hizutome est un cas rare, un gros détraqué. Il aime la merde en boîte plastique. Poncer les jeux bugués c’est son dada. Il vient de finir l’un d’entre eux et désespère de trouver plus pourri encore. A la place, le lycéen se voit proposer un GOAT – Greatest of all Time – le chef d’œuvre du moment, un jeu en réalité virtuelle totalement immersive : Shangri-la Frontier.

On découvre un vaste univers en open-world, sans bugs, à l’histoire principale fournie et aux quêtes secondaires foisonnantes. Quoi qu’accessible à toustes, Shanfro est en fait difficile au vu du nombre d’informations à assimiler et des variations possibles dès qu’une décision est prise que ce soit en combat ou en social. J’ai souvent pensé à Dark Souls en massivement multi joueurs.

Et puisque on en est à évoquer From Software, impossible pour moi de ne pas voir dans la dégaine de Sunraku, l’avatar de Rakuro, une réminiscence de Let me Solo Her, le joueur qui peut battre Malenia d’Elden Ring en slip et casque jarre sur la tête.

Let’s play

A la base, Shangri-la Frontier est un web novel dont ce manga est l’adaptation. Ce qui explique entre autres la pléthore de détails sur le système de jeu mais aussi la façon de penser des personnages. Je suppute que Katarina, l’auteurice, est gamer dans l’âme et a transmis sa passion et l’idéal du jeu vidéo dans son roman. J’apprécie d’ailleurs que dans les tomes plus avancés, on aille faire un tour de l’autre côté du décor, chez Utopia, où le jeu a été conçu. Tout n’est pas rose au paradis du game dev. Différences de points de vues, exigence et compromis sont montrés et rendent le travail de certains compliqué.

Du côté du dessin, on retrouve Ryôsuke Fuji, qui s’était déjà fait connaître sur l’Attaque des titans – Lost girls. Son trait est parfait pour restituer l’ambiance bourrée d’action. Même si le bestiaire est un classique du jeu vidéo, le dessinateur l’adapte à sa sauce et le rend unique. Les combats sont très facilement lisibles et tout comme Sunraku, chaque personnage à un design qui l’identifie aisément.

Petit à petit, et bien que notre homme à tête d’oiseau a tendance à jouer solo, une galerie de personnages, qu’ils soient joueurs ou non, fait son apparition et chacun montre un tempérament excentrique, propice à la comédie et au roleplay. Rakuro aime se la jouer grâce à son statut de vétéran du jeu pourri, qui lui a donné une faciliter à s’adapter aux pires situations, ce qui peut être une lame à double tranchant vu son style de jeu. J’ai quand même une réserve sur Rei, qui crush sur lui mais a encore le rôle de jolie fille pas très dégourdie malgré un talent certain pour le jeu.

Conclusion

Shangri-la Frontier est un excellent divertissement, sans prise de tête aucune. Certes, les mécanismes inhérents à un MMORPG d’action-aventure peuvent être intimidants, surtout dans un univers aussi développé, mais Katarina veille à ne pas noyer les lecteurices sous du jargon de nerd, rendant l’histoire très accessible et fun à suivre. Je passe un très bon moment avec ce shonen au tempo rapide. J’ai hâte de voir comment l’histoire va se développer et j’espère qu’on fera d’autres tours chez les devs, qui commencent déjà à s’arracher les cheveux.


  • Shangri-la Frontier
  • Scénariste : Katarina
    Dessin : Ryosuke Fuji
    Traduction : Anne-Sophie Thevenon
    Glénat (Shonen) 2021
    Type : shonen
    Genre : action aventure
    Public : adolescent

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