
TW : harcèlement scolaire
Tout le monde se méfie de Akane Nishimura à l’école. Tout le monde… sauf Taiyo Takada, tout juste arrivé et qui ne sait rien des rumeurs sur la Sorcière des ténèbres. D’ailleurs il a décidé de s’en faire une amie.
Maudis-moi
A force de le voir représenté dans les mangas, on a une idée assez précise des mécanismes du harcèlement scolaire dans les écoles japonaises. Moins de la façon dont il peut être efficacement désamorcé. Mais en gros, la formule est simple : pour arrêter les brimades, vous avez besoin d’un soleil.
Avec ses grands yeux, Akane s’attire les moqueries de ses camarades qui l’ont surnommée « la sorcière des ténèbres » et l’ont affublée d’un tas de pouvoirs et de malédictions. D’un naturel introverti et ayant développé de l’anxiété par la force des choses, la petite fille subit sans parvenir à répondre. Jusqu’à l’arrivée de Taiyo Takada, fraichement débarqué de sa campagne. Et dès sa première rencontre, il veut se faire une amie de cette fille mystérieuse et bien trop cool à ses yeux.
Takada est à l’image de son prénom : solaire. Sociable, joyeux et sans filtre quand il parle, il est difficile de savoir s’il n’entend que ce qu’il veut ou s’il trolle volontairement les harceleur·euses d’Akane, qui de leur côté, restent sur une malveillance d’ordre verbal avec elle. Toujours est-il que le voir les mettre face à leurs contradictions est un régal. Ce môme doit être protégé à tout prix, il est trop pur pour ce monde.
Avoir un titre qui parle avec bienveillance et sans culpabilisation d’un thème aussi délicat que le harcèlement scolaire, c’est rare. La présence radieuse de Takada peut sans doute faire tiquer car il agit sans le savoir comme un chevalier blanc, mais c’est cette irruption qui casse la dynamique du harcèlement. Peu à peu, lentement, l’horizon d’Akane va s’éclairer et lui permettre de faire les premiers pas pour avancer.
Le dessin léger détend encore l’atmosphère. Le mangaka s’est particulièrement attaché à montrer les expressions sur les visages et les interactions entre les enfants. Cela donne un sentiment agréable à la lecture et une très satisfaisante envie de sourire.
Mon amie des ténèbres est un coup de cœur pour moi, le genre de manga que j’aurai voulu avoir pour me rassurer sur le harcèlement (mon premier titre sur le sujet c’était Life chez Kurokawa, c’était pas la même tambouille…). D’aucun dirons qu’il est mièvre mais c’est cette tendresse, et cette fraîcheur qui me parlent le mieux.
Traduit par Anne-Sophie Thévenon
Nobi Nobi 2021
13 tomes en cours
Type : shonen
Genre : tranche de vie
Public : à partir de 8 ans