{"id":441,"date":"2021-09-19T11:01:00","date_gmt":"2021-09-19T09:01:00","guid":{"rendered":"https:\/\/maviedebib.wordpress.com\/?p=441"},"modified":"2021-09-19T11:01:00","modified_gmt":"2021-09-19T09:01:00","slug":"la-cantine-de-minuit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mangalbine.fr\/index.php\/2021\/09\/19\/la-cantine-de-minuit\/","title":{"rendered":"La cantine de minuit"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"569\" src=\"https:\/\/mangalbine.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/d7121-97823534809200-3758490.jpg?w=400\" alt=\"Rassembl\u00e9s autour d'un comptoir en bois, tourn\u00e9s vers le public comme s'ils posaient pour la photo, se trouvent quatre individus, deux hommes en costume cravate, une femme, et le chef cuisinier, en veste bleue, tenant une cigarette \u00e0 la main.\" class=\"wp-image-445\" srcset=\"https:\/\/mangalbine.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/d7121-97823534809200-3758490.jpg 400w, https:\/\/mangalbine.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/d7121-97823534809200-3758490-211x300.jpg 211w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<h2 class=\"wp-block-heading\">manga de Yar\u00f4 Abe<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Traduit par Miyako Slocombe<\/strong><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<p><strong>Le l\u00e9zard noir (2017)<\/strong><br><strong>9 tomes, en cours<\/strong><br><strong>300 p., 18\u20ac<br>Genre ; cuisine, tranche de vie<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Le restaurant n&#8217;a pas de nom, mais tout le monde l&#8217;appelle la cantine de minuit parce qu&#8217;entre minuit et sept heures, le chef vous sert ce que vous voulez.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\">Le perchoir des oiseaux de nuit<\/h3>\n\n\n\n<p>J&#8217;adore manger, et depuis longtemps, j&#8217;aime les mangas culinaires, parce qu&#8217;ils ont cette capacit\u00e9 unique de vous donner faim, de transmettre la saveur de la nourriture, alors qu&#8217;il ne s&#8217;agit que d&#8217;images en noir et blanc. Et j&#8217;aime les bonnes histoires. <em>La Cantine de minuit <\/em>rassemble tout cela.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec son air un peu bougon, sa cicatrice sur l&#8217;oeil gauche et sa veste bleue, le chef cuistot est reconnaissable entre tous. Il pose un regard aussi pragmatique que bienveillant sur son petit monde et ne s\u2019\u00e9tonne presque de rien. Que ses client\u2022e\u2022s viennent tous les jours ou tous les ans, il se rappellera d\u2019elle us. Et comme son restaurant, il n\u2019a pas de nom.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, on peut manger de tout pour peu que le chef ait les ingr\u00e9dients. Rien de luxueux, mais des plats qui revigorent, rappellent les bons moments ou les souvenirs doux amers. Des plats qui r\u00e9v\u00e8lent toute l\u2019\u00e9tendue de la cuisine familiale et de la gastronomie japonaise, loin de nos clich\u00e9s de sushis d\u2019Occidentaux, m\u00eame s\u2019il en sert. <\/p>\n\n\n\n<p>Les clients, ce sont souvent les m\u00eames, un petit groupe de r\u00e9guliers autour duquel gravitent des gens arriv\u00e9s l\u00e0 par hasard. Yakuzas, flics, h\u00f4tesses, femmes d\u2019affaires, \u00e9tudiants\u2026 tout le monde est bienvenu tant que la neutralit\u00e9 du lieu est respect\u00e9e. Les convives ne sont pas avares d\u2019histoires croustillantes et friands de rumeurs, et par-dessus tout ils aiment faire de nouvelles connaissances autour d\u2019un plat. Chaque r\u00e9cit, d\u2019une dizaine de pages, est l\u2019occasion de d\u00e9couvrir un met et la tranche de vie qui y sera attach\u00e9e, et voir que le mangaka porte une grande attention aux d\u00e9tails pour dessiner la nourriture (et le voir rager dessus, il d\u00e9teste dessiner le riz parce que c\u2019est super long !) <\/p>\n\n\n\n<p>Il est souvent question d\u2019amour et de sexe. Rencontres, s\u00e9parations, coucheries, adult\u00e8res. Beaucoup d\u2019adult\u00e8res m\u00eame. Les Japonais semblent avoir une culture de l\u2019infid\u00e9lit\u00e9 bien ancr\u00e9e, surtout masculine, au point que je me demande si elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e tant elle a l\u2019air d\u2019une institution. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, le manga permet de toucher du doigt le \u00ab vrai \u00bb Japon des vrais gens, ces couples s\u00e9par\u00e9s par le travail, les rapports parents-enfants ou la hi\u00e9rarchie dans l\u2019entreprise, les amiti\u00e9s, les amours, la richesse, la pauvret\u00e9, la qu\u00eate de sens o\u00f9 le simple besoin de se d\u00e9tendre et d\u2019oublier. <\/p>\n\n\n\n<p>Le restaurant est une v\u00e9ritable bulle hors du temps. Les clients vont et viennent, les saisons passent. A part lors de l\u2019explosion de Fukushima, il n\u2019y a aucun marqueur temporel. Impossible de savoir combien de temps s\u2019\u00e9coule entre deux histoires, on ne peut que supposer, et au fond, cela importe peu, tant qu\u2019on se r\u00e9gale. <\/p>\n\n\n\n<p>Le trait de Abe-sensei est \u00e0 la fois tr\u00e8s \u00e9pur\u00e9 et expressif. Il n&#8217;a pas besoin d&#8217;insister sur de grands d\u00e9tails pour ses personnages, qui peuvent exprimer leurs \u00e9motions d&#8217;un froncement de sourcils, d&#8217;une bouche grande ouverte ou par un sourire b\u00e9at et une onomatop\u00e9e de satisfaction. M\u00eame la nouriture est pr\u00e9sent\u00e9e simplement, mais toujours avec un souci du d\u00e9tail qui rend le tout succulent et ais\u00e9ment reconnaissable.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous me direz que 18\u20ac pour un tome, c&#8217;est assez cher, et vous aurez raison. L&#8217;explication est simple : chaque tome rassemble deux volumes de l&#8217;\u00e9dition originale, qui en compte vingt. L&#8217;\u00e9diteur aura donc bient\u00f4t rattrap\u00e9 la parution japonaise.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La Cantine de minuit<\/em>, c\u2019est un microcosme foisonnant d\u2019\u00eatres singuliers, amusants, parfois path\u00e9tiques, souvent sympathiques. En refermant un tome, vous aurez envie qu\u2019il y ait, pr\u00e8s de chez vous, une gargote qui ne paie pas de mine, pr\u00eate \u00e0 vous accueillir pour une fringale nocturne, et o\u00f9 les convives vous raconteront une histoire  ol\u00e9 ol\u00e9. Laissez-vous tenter. <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-text-color has-background has-vivid-red-background-color has-vivid-red-color\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour aller plus loin<\/h2>\n\n\n\n<p>Si vous vous sentez l&#8217;\u00e2me d&#8217;un cuistot, vous pouvez vous procurer les livres de la <em><strong>Cuisine de minuit<\/strong><\/em>, toujours chez le L\u00e9zard noir, qui rassemblent les recettes les plus embl\u00e9matiques du restaurant. Outre des recettes connues comme les ramens ou les sashimis, vous trouverez des recettes plus familiales, simples et facile \u00e0 faire. La difficult\u00e9 r\u00e9side dans votre capacit\u00e9 \u00e0 vous procurer certains ingr\u00e9dients, mais la plupart sont facilement trouvables m\u00eame dans une \u00e9picerie non-asiatique. <\/p>\n\n\n\n<p>Si vous poss\u00e9dez un compte <strong><a href=\"https:\/\/www.netflix.com\/title\/80113037\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Nefflix<\/a><\/strong>, vous pouvez regarder les deux saisons de l&#8217;adaptation en drama, <em>Midnight diner<\/em> <em>Tokyo Stories<\/em>. J&#8217;ai ador\u00e9 la regarder, moi qui avait un tr\u00e8s mauvais souvenir du surjeu des acteurs japonais.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Venez vous remplir l&#8217;estomac de bonnes nourriture et la t\u00eate de bonnes rumeurs<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":445,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,10,12],"tags":[69,123,200],"class_list":["post-441","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bulles","category-index","category-manga","tag-cuisine","tag-le-lezard-noir","tag-societe"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/mangalbine.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/d7121-97823534809200-3758490.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mangalbine.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/441","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mangalbine.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mangalbine.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mangalbine.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mangalbine.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=441"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mangalbine.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/441\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mangalbine.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/445"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mangalbine.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=441"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mangalbine.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=441"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mangalbine.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}